A Paris et en Ile-de-France, la fréquentation touristique tire son épingle du jeu

Le Comité Régional du Tourisme Paris Île-de-France et l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris ont décidé de passer cette année à une vision commune de la fréquentation touristique. Sensibles à la création de la Métropole du grand Paris à horizon janvier 2016, tout comme aux déplacements des visiteurs au-delà des frontières administratives, le nouveau périmètre étudié inclut Paris, le « Grand Paris » et l’ensemble de la destination Paris Ile-de-France.

Un niveau élevé de fréquentation touristique, en léger retrait par rapport à 2013

Au premier semestre 2014, la fréquentation dans le grand Paris et sa région s’est maintenue à un niveau élevé: respectivement 11millions (-1,1%) et 15,7 millions (-1,6 %) d’arrivées hôtelières.

La fréquentation internationale, avec 5,4 millions d’arrivées hôtelières dans le grand Paris (0,9 % par rapport à 2013) et7,3 millions en Île-de-France(+0,1 %),reste prochedu niveaurecord de 2013dans les deux zones. La baisse de la fréquentation hôtelière française au premier semestre 2014(-1,3 % dans le grand Paris, -3,1% en Île-de-France) est moins sévère qu’au premier semestre 2013 (-9,2 % dans le grand Paris, -5,6 % en Ile-de-France), ce qui pourraitannoncer un retour de croissance en fin d‘année.

Cettestagnation de la fréquentationhôtelière explique la très légère évolutiondes taux d’occupation (TO) hôteliers: +0,3 point en Île-de-France, avec un TO de 73,5 % et -0,2 point pour le grand Paris,avec un TO de 75,8 %; -0,4 point à Paris, avec un TO de 77,6 %.

La baisse importante des nuitées d’affaires dans l’ensemble de la région (-11,7 %) est l’un des symptômes de l’apathie économique.Toutefois, la timide repriseanticipée par le FMI(+1% de croissance du PIB au 4ème trimestre 2014),et le calendrier des manifestations professionnelles prévues à l’automne,pourraient profiter au tourisme d’affaires.

La fréquentation des musées et monuments franciliens est plutôt en hausse notamment au Grand Palais, à la tour Montparnasse, au Petit Palais, au domaine de Versailles, au musée national du château de Fontainebleau ainsi qu’au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Une disparité de croissance au sein des clientèles internationales

Au premier semestre, le panorama de la fréquentation touristique estcontrasté d’une nationalité à l’autre et d’un territoire à l’autre.Le premier marché étranger du grand Paris, les USA, enregistre une progression de 3,8 % des arrivées hôtelières (847000) avec toutefois de plus courts séjours(2,7 nuits) qu’en 2013 (-4,1 %). A l’échelle de la région,les Britanniques sont les plus nombreux (987 000arrivées hotelières,3,5% par rapport à 2013).

Ils sont les tous premiersvisiteurs étrangers de DisneylandParis qui exerce un indéniable attrait sur cette clientèle.Parmi les visiteurs européens, après une baisse régulière depuis près de 10 ans, la bonne surprise vientdun retour à la croissance des Espagnols: +2,4 % dans le grand Paris (259000 arrivées hôtelières) et +3,5 % en Ile-de France (403000 arrivées hôtelières).Il en est de même pourles Italiensqui privilégient dans leur majorité Paris intramuros (359000 arrivées hôtelièresdans le grand Paris, en progression de +1,4 %). Egalement très attirés par DisneylandParis, ils sont 115000 à séjourner en grande couronne (soit +18,5 %).

Tous marchés confondus, lapalme de la croissance pour ce premier semestre 2014revient aux marchés des Proche et Moyen Orient : +26,2 %d’arrivées hôtelières dans Paris intra-muros où ils séjournent le plus volontiers.En 2014, rompant avec ses traditions, le marché chinois semble se recentrersur Paris intra-muros(+8,2 % d’arrivées hôtelières chinoises, -4,5 % en petite couronne et 15 %en grande couronne).

La Russie et le Japon enregistrent des baisses de fréquentation à l’échelle régionale (respectivement 8,1% et4,8 % d’arrivées hôtelières) et dans la capitale(5,1 % et –2,2 % d’arrivées hôtelières). Il s’agit de contrecoups liés à la situation économique de ces pays: leurs monnaies sontdépréciées et leurs perspectives de croissance, faibles.

Enfin, en Europe, la Suisse, l’Allemagne et les Pays-Bas enregistrent des baisses de fréquentation plus prononcées à Paris (respectivement -10,8 %, –13,1 % et –10,0 % d’arrivées hôtelières)qu’en Île-de-France.

Juillet-Aout: unefréquentation stable

Les dispositifs d’observation du CRT Paris Ile-de-France comme ceux de l’OTCP s’accordent sur une bonne tenue de la fréquentation en juillet.

L’activité touristique du mois est qualifiée de « bonne » par 53 % des 300 professionnels franciliens du tourisme interrogés chaque mois par le CRT, de «moyenne» par 39 %. Seuls 8 % l’estiment «mauvaise», voire «très mauvaise».

Au mois d’août, la fréquentation touristique à Paris Île-de-France est plus mitigée : elle est jugée «moyenne» par 42% des professionnels interrogés par le CRT, «bonne» par 41% et «mauvaise» par 17%. Ces résultats sont cependant supérieurs à ceux enregistrés ces dernières années.

Selon les données MKG Hospitality qui portent sur les performances hôtelières de la première quinzaine d’août dans la capitale, à dates égales en 2013, le taux d’occupation (TO) des hôtels parisiens atteint 85 % (+6,4 points). Les samedi 9 et vendredi 15 août voient leur TO dépasser la barre des 90 %.

Des perspectives encourageantes pour la rentrée

Plus de la moitié (52%) des professionnels interrogés par le CRT, qualifie de «bon» voire «très bon» l’état des réservations pour le mois de septembre. Ils sont 36% à le considérer «moyen» et 12% à le juger «mauvais» voire «très mauvais». A moyen terme, les professionnels restent optimistes puisque deux-tiers d’entre eux (66%) prévoient une amélioration de leur activité, 25% une stabilisation et 9% une dégradation.

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